Une vieille m’aborde

« Le lendemain, étant sur notre porte,
Une vieille m’aborde, en parlant de la sorte :
‘Mon enfant, le bon Dieu, puisse-t-il vous bénir,
Et dans tous vos attraits longtemps vous maintenir !
Il ne vous a pas fait une belle personne
Afin de mal user des choses qu’il vous donne ;
Et vous devez savoir que vous avez blessé
Un coeur qui de s’en plaindre est aujourd’hui forcé’.[…]
– ‘Moi j’ai blessé quelqu’un !’ fis-je toute étonnée. »
L’Ecole des femmes, II, 5 (v. 503-510)

Dans La Précaution inutile (1655) de Scarron, le jeune séducteur faisait également appel aux entremises d’une « vieille damnée » :

La vieille damnée ne perdit point de temps ; se fit introduire par les sottes servantes auprès de leur sotte Maîtresse, sous prétexte de lui faire voir des hardes à vendre ; la loua de sa beauté ; la plaignit d’être si tôt séparée de son mari ; et aussitôt qu’elle se vit seule avec elle, lui parla du beau Gentilhomme qui passait si souvent devant ses fenêtres. Elle lui dit qu’il l’aimait plus que sa vie, et qu’il avait une forte passion de la servir, si elle le trouvait bon. En vérité je lui en suis fort obligée, lui répondit l’innocente Laure, et j’aurais son service fort agréable ; mais la maison est pleine de valets, et jusqu’à tant que quelqu’un d’eux ne s’en aille, je ne l’oserais recevoir en l’absence de mon mari. Je lui en écrirai si ce gentilhomme le souhaite, et je ne doute point que je n’en obtienne tout ce que je lui demanderai. Il n’en fallait pas tant à la rusée entremetteuse pour lui faire reconnaître que Laure était la simplicité même. Elle lui fit donc entendre le mieux qu’elle put, de quelle façon ce Gentilhomme la voulait servir […].
(La Précaution inutile de Scarron (extrait), p.149-151)

 

une des voisine de Dona Gracia, qui était de fort bonne humeur, observa la contenance du galant, et le voyant passer et repasser dans la rue, connut enfin aisément l’amour qu’il avait pour la jeune mariée, ce qui l’obligea à l’appeler un jour, et ayant appris de lui que son soupçon était vrai, elle lui promit de la solliciter en sa faveur, comme les Espagnoles ne sont aucunement scrupuleuses de rendre ces bons offices à tout le monde, et en ce pays-là principalement, on ne manque jamais de pareilles femmes qui sont ravies de tendre des pièges à la pudicité d’autrui.Cette femme ne manqua donc pas d’aller voir Dona Gracia, et après avoir exagéré sa beauté, avec mille louanges, qui est la première batterie, avec laquelle on attaque la simplicité ses femmes, elle lui dit comme ce Cavalier qui passait souvent par la rue, l’aimait et l’estimait beaucoup, et qu’il avait tous les désirs du monde de la servir. « Je l’en remercie de tout mon coeur, lui répondit Gracie, et lui sais très bon gré, mais pour le présent, j’ai grande quantité de serviteurs, et plus que je n’ai de besoin, et jusqu’à ce que quelqu’un s’en aille, je ne pourrai pas le recevoir, mais s’il veut que j’en écrive à mon mari, il le prendra peut-être pour l’amour de moi. » « Ah non, Madame, dit la fine confidente, connaissant son ignorance, et sa simplicité, ce n’est pas de cette façon-là qu’il vous veut servir, c’est un Gentilhomme de condition, et fort riche qui ne veut servir que vous, d’autre façon que vous ne pensez […].
(La Précaution inutile de d’Ouville, p. 117-119)

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