La différence de comportement entre le mari et le galant est un lieu commun de la culture mondaine, illustré par exemple
– dans le Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653) des Scudéry :
Je vous avoue que je craindrais tellement de voir en vous le changement que je vois en tous les Amants qui deviennent Maris, que je ne puis rien craindre davantage : car enfin tous ceux que j’ai vus en ma vie n’ont pas plutôt commencé d’être maris qu’ils ont cessé d’être amants ; et j’en sais même qui ont quelquefois cessé d’être civils pour celles qu’ils avaient adorées.
(IX, 2, p. 6477)
– dans la Lettre du 8 novembre 1670 de Robinet :
Deux Amants des plus singuliers,
Voire des plus irréguliers,
S’étant, dix ans, conté fleurettes,
Si bien qu’eux, et leurs Amourettes,
Commençaient de se suranner,
Le Garçon voulu terminer,
Et couronner sa longue flamme,
En prenant sa Maîtresse à Femme,
Par le Sacrement conjugal,
A l’Amour, bien souvent, fatal.
Elle, haïssant les Entraves
D’Hymen, qui rend les Gens esclaves
Lui préférait sa liberté,
Et, qui plus est, l’autorité
Qu’en la qualité de Maîtresse,
Elle pouvait avoir, sans cesse,
Dessus l’esprit, et sur le coeur
De son constant Adorateur.
Elle aimait mieux le doux Commerce
Qui s’entretient, et qui s’exerce
Entre Amants, et qu’on voit finir,
Sitôt que venant à s’unir,
Ils deviennent Maris, et Femmes,
Ce Commerce de voeux, de flammes,
De respects, d’hommages, soupirs,
Qui, par fâcheuse Destinée,
Meurent le jour de l’Hyménée.
(voir également « je ne vous contraindrai point »)