Ma Muse, obéissez-moi

« Votre paresse enfin me scandalise,
Ma Muse, obéissez-moi »
Remerciement au Roi, v. 1-2

Mlle Desjardins, dans l’une de ses Lettres publiée en 1662 (Lettre de Mlle Desjardins à Monsieur de …), mettait en scène sa vaine quête, au Parnasse, d’une Muse disposée à travailler pour elle. Elle évoquait notamment le refus qu’elle avait essuyé de Thalie, toute entière occupée « à certain favori qu’on appelle Molière ».

 

Pierre Corneille, dans son propre Remerciement au Roi, évoquait avec pompe l’incapacité de sa muse à offrir au Roi des louanges à sa hauteur :

[Ta bonté] m’a mis du nombre, et me force à rougir
De ne me voir qu’un zèle incapable d’agir.
Son excès dans mon coeur fait des troubles étranges
Je sais que je te dois des voeux et des louanges,
Que ne t’en pas offrir, c’est te les dérober ;
Mais si j’y fais effort, je cherche à succomber
Et le plus beau succès que ma muse en obtienne,
Profanera ta gloire et détruira la mienne.
( v. 15-22)

 

Voiture, dans un rondeau paru en 1654, faisait du manque d’inspiration le sujet et la matière de son poème (voir : « voilà votre compliment fait »).

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