Elide

L’Elide est la première étape du voyage initiatique de Carino dans le Pastor fido de Guarini (1), traduit par l’abbé de Torche entre 1664 et 1666 (2).

 

On trouve une description de l’Elide, ainsi qu’une hypothèse historique sur les raisons qui en font le berceau des Jeux Olympiques, dans la Géographie de Strabon (3).

 

L’Elide est également mentionnée par La Mothe le Vayer dans l’un de ses « petits traités en forme de lettres » (4).

 

Elle est également décrite au livre V de la Description de la Grèce par Pausanias.

 

 


 

(1)

avido anch’io di peregrina gloria,
sdegnai che sola mi lodasse e sola
m’udisse Arcadia, la mia terra, quasi
del mio crescente stil termine angusto;
e colà venni, ov’è sì chiaro il nome
d’Elide e Pisa e fa sì chiaro altrui.
(Il Pastor Fido, V, 1)

 

(2)

[Carin répond à la question posée par Uranin: « […] quel sujet–ou-quel-evenement / Te fit abandonner un pays si charmant ?]

Le désir d’acquérir une plus grande gloire,
Et d’immortaliser ma Muse et ma mémoire.
Je voulus par mes vers être ailleurs estimé
Et d’un désir d’honneur mon coeur fut enflammé.
Le séjour d’Elide et de Pise
Qui rend les esprits si fameux,
Fut d’abord l’objet de mes voeux.
(V, 1 p. 222)

 

 

(3)

Nous lisons, maintenant, dans Ephore qu’Aetolus, chassé d’Elide par Salmonée, roi des Epéens et des Pisates, passa en Aetolie, donna son nom au pays et y fonda le peu de villes qu’on y rencontre ; qu’un descendant d’Aetolus, Oxylus, grand ami de Téménus, l’un des trois chefs héraclides, lui servit de guide, ainsi qu’à ses frères, lors de leur rentrée dans le Péloponnèse, fixa entre eux les conditions du partage et leur traça le plan de conquête du territoire ennemi, que les Héraclides l’en récompensèrent en lui permettant de reprendre possession de l’Elide, patrie de ses ancêtres, qu’il alla lever à cet effet une armée en Aetolie et revint attaquer les Epéens maîtres de l’Elide ; que ceux-ci marchèrent en armes à sa rencontre, et que, comme les forces des deux partis paraissaient égales, on vit, suivant une ancienne coutume hellénique, s’avancer pour combattre en combat singulier l’Aetolien Pyraechmès et l’Epéen Degménus : celui-ci s’était armé à la légère et n’avait pris que son arc dans la pensée qu’il lui serait facile de vaincre l’hoplite aetolien en le frappant de loin d’une flèche ; mais Pyraechmès, instruit de sa ruse, s’était muni d’une fronde et d’une besace remplie de pierres : la fronde était fine arme nouvelle récemment inventée par les Aetoliens eux-mêmes et qui portait plus loin que l’arc. Degménus fut tué et les Epéens, quittant l’Elide, durent céder la place aux Aetoliens. Ceux-ci se trouvèrent du même coup investis de l’intendance du temple d’Olympie, laquelle avait toujours appartenu jusque là à des Achéens. Alors, par amitié pour Oxylus, tous les chefs Héraclides s’engagèrent sous la foi du serment à regarder l’Elide comme une terre consacrée à Jupiter, et à traiter en sacrilèges, non seulement ceux qui l’envahiraient à main armée, mais ceux-là mêmes qui ne s’emploieraient pas de tout leur pouvoir à la défendre. « C’est ce qui explique, ajoute Ephore, comment plus tard, lorsqu’on bâtit Elis, on la laissa sans murailles et comment on vit dorénavant tout corps d’armée ayant à traverser le pays livrer ses armes à l’entrée pour ne les recevoir que de l’autre côté de la frontière ». Le même auteur pense que le caractère sacré dont étaient revêtus 1es Eléens fut ce qui décida Iphitus à instituer les jeux Olympiques. De là aussi pour les Eléens une grande source de prospérité, car, tandis que les autres peuples du Péloponnèse étaient incessamment en guerre les uns avec les autres, eux seuls jouissaient d’une paix profonde, et, comme leurs hôtes naturellement en profitaient, il s’ensuivit que la population de leur pays s’accrut d’une façon extraordinaire. Cependant Phidon d’Argos, le dixième successeur de Téménus et le plus puissant prince de son temps (ce qui explique comment il avait pu et recouvrer en entier l’ancien lot de Téménus qu’il avait trouvé morcelé en plusieurs états et instituer tout ce système de poids et mesures dits Phidoniens et battre de la monnaie, même de la monnaie d’argent), Philon, après tout ce qu’il avait fait, voulut encore s’attaquer aux mêmes villes qu’Hercule avait prises et présider les mêmes jeux qu’Hercule avait célébrés, et, comme les jeux Olympiques étaient du nombre, il envahit le pays à main armée et célébra ces jeux en son nom, sans que personne eût pu l’en empêcher, car les Eléens, voués comme ils étaient à une paix perpétuelle, n’avaient pas d’armes, et les autres peuples du Péloponnèse avaient déjà pour la plupart subi son joug. Toutefois les Eléens n’inscrivirent jamais les jeux qu’avait tenus Phidon et s’étant procuré des armes ils entreprirent de se défendre eux-mêmes. Bientôt aussi il leur vint du secours de chez les Lacédémoniens, soit que ceux-ci eussent vu avec un secret plaisir la guerre succéder chez les Eléens à cette longue paix qui les avait rendus si prospères, soit qu’ils comptassent à leur tour s’aider d’eux pour renverser la puissance de Phidon et punir ce prince de leur avoir enlevé l’hégémonie du Péloponnèse. Effectivement les Eléens aidèrent les Lacédémoniens à détruire la puissance de Phidon et c’est en retour de ce service qu’eux-mêmes reçurent les secours des Lacédémoniens pour la conquête de la Pisatide et de la Triphylie. – Le littoral entier de l’Elide actuelle, ses sinuosités non comprises, peut bien avoir 670 stades de longueur.
(Strabon, Livre VIII, 33)

 

 

(4)

Ceux de la province d’Elide, à qui le soin et la surintendance des Jeux Olympiques appartenaient, le [Amasis] consultèrent sur ce qu’il croyait qu’ils pouvaient ordonner de mieux pour faire que tout s’y passât avec un ordre et une justice qui fut sans reproche. […] Cela me fait souvenir d’une excellente coutume qu’avait le même peuple d’Elide, comme arbitre des diverses couronnes qui se distribuaient aux jeux, dont nous venons de parler. Jamais ils n’ouvraient les lettres qu’on leur écrivait d’une infinité de lieux en faveur des athlètes qui se présentaient, qu’après les luttes et les autres exercices, où le mérite d’un chacun d’eux avait été récompensé.
(« De la prévention des juges », dans Petits traités en formes de lettres, Oeuvres, VII, 1, p. 199-200)

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