Écorché depuis la tête jusqu’aux pieds

« Votre coeur crie avant qu’on l’écorche. – Comment diable ! il est écorché depuis la tête jusqu’aux pieds. »
Les Précieuses ridicules, sc. IX.

Dans sa comédie Le Geôlier de soi-même (1656), Thomas Corneille avait proposé une première mouture du dévoiement comique de la métaphore du « coeur qui saigne » :

[…]Vous visitez un Prince,
Dont le coeur est recouvert d’une peau bien mince.
Pour peu que vos regards puissent l’égratigner
C’est un coeur pantelant que vous ferez saigner.
(III, 6, p. 51-52)

 

Dans son Polyandre (1648), Charles Sorel avait usé d’un procédé comique semblable, lors d’une scène dans laquelle un personnage de séducteur ridicule tente de conquérir deux beautés :

Cessez, mes belles, dit Orilan, cessez un débat qui me persécute moi-même jusques à me faire souffrir un martyre inconcevable. N’est-ce pas une grande douleur de sentir que mon coeur et mes entrailles soient tirés par vous d’un côté et d’autre, et que vous les déchiriez pitoyablement, lorsque chacune les veut avoir pour soi en leur entier ? […] toute la compagnie ne voit peut-être pas manifestement cette dilacération de mes parties intestines.
(t. II, p. 288)

 

L’expression « crie avant qu’on l’écorche » provient d’un proverbe qu’on trouve mentionné entre autres dans Les Premiers Essais des proverbes (1653) de Fleury de Bellingen ( p. 8)

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