Des pièces saintes de M. de Corneille

« il ne serait pas difficile de leur faire voir […] sans aller chercher si loin que l’on a joué, de notre temps, des pièces saintes de M. de Corneille, qui ont été l’admiration de toute la France. »
Le Tartuffe, Préface

Cet argument avait été récusé

 

– dans le Traité de la comédie (1667) de Conti :

La seconde chose qu’ils objectent, est qu’il y a des Comédies saintes, qui ne laissent pas d’être très belles, et sur cela, on ne manque jamais de citer Polyeucte, car il serait difficile d’en citer beaucoup d’autres. Mais en vérité, y a-t-il rien de plus sec et de moins agréable que ce qui est de saint dans cet ouvrage ? Y a-t-il rien de plus délicat et de plus passionné que ce qu’il y a de profane ? Y a-t-il personne, qui ne soit mille fois plus touché de l’affliction de Sévère lorsqu’il trouve Pauline mariée, que du martyre de Polyeucte ? Il ne fait qu’un peu de bonne foi, pour tomber d’accord de ce que je dis ; aussi Dieu n’a pas choisi le théâtre pour y faire éclater la gloire de ses Martyrs […].
( p. 37)

 

– dans le Traité de la comédie (1667) de Nicole :

C’est pourquoi ceux qui ont voulu introduire des saints et des saintes sur le théâtre ont été contraints de les faire paraître fiers et de leur mettre dans la bouche des discours plus propres à ces héros de l’ancienne Rome qu’à des saints et des martyrs.
(éd. des Essais de morale de 1678, t. III, p. 280)

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