Une honteuse dissipation du bien

« N’as-tu point de honte, dis-moi, d’en venir à ces débauches-là? de te précipiter dans des dépenses effroyables? et de faire une honteuse dissipation du bien que tes parents t’ont amassé avec tant de sueurs? »
L’Avare, II, 2

L’idée selon laquelle un père est obligé d' »amasser du bien » pour son fils se retrouve entre autres

– dans la seconde partie de La Famille sainte (1662) de Jean Cordier (1)
– dans le sermon « Sur l’avarice et l’attachement des biens » de Claude Joly (1610-1678), curé de la paroisse parisienne de Saint-Nicolas-des-Champs (2)

 

 


 

(1)

Les pères et les mères doivent avoir un soin modéré d’amasser du bien à leurs enfants.
§ 4
L’apôtre des gentils n’a dit qu’une parole de ce sujet, et comme en passant: mais elle vaut un volume. Quand elle sera bien entendue, elle pourra servir de règle tant pour retrancher les excès de quelques pères, qui s’empressent trop pour trouver du bien à leurs enfants, que pour fournir aux défaut des autres qui les négligent, et pensent qu’ils ont beaucoup fait pour eux, de leur avoir donné la vie. Il dit donc que le père est obligé de thésauriser pour son fils: j’ai laissé passer ce mot pour m’approcher davantage de la pensée de ce grand apôtre. Il faut que le père soit comme le thrésorier d’épargne de son fils. Or je vous prie comment se fait un thrésor? Il se fait peu à peu et à la suite de plusieurs années: aujourd’hui cinq sols, demain dix, etc. Voilà le devoir d’un père. Qu’il ne pense point à enrichir ses enfants tout d’un coup […]Qu’il se contente d’assembler plusieurs petits gains, et que par les épargnes de sa bouche, et de son industrie, il amasse à ses enfants ce qui peut être nécessaire, soit pour les tirer de la nécessité, soit pour les conserver dans l’honneur.
(La Famille sainte, Lyon, chez la veuve Bailly et P. Bailly fils, 1662, p. 455-456.)

 

(2)

Je thésaurise pour laisser du bien; mais à qui? à des enfants ingrats, qui ne diront peut-être pas un De profundis pour moi, à des enfants dénaturés qui rougiront peut-être de m’avoir pour leur père, à cause que je n’étais qu’un roturier, et que je leur laisse de quoi devenir de grands seigneurs. A des enfants débauchés qui consumeront en peu de temps le prix de tant de sueurs et de veilles.
(Sermon XCII, Sermons de M. Joly, évêque d’Agen, 1702, in Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés publiés par l’abbé Migne, 1844-1866, t. XXXII, p. 1275.)

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