Suavité

« C’est sans doute, Madame, une douceur extrême,
Que d’entendre ces mots d’une bouche qu’on aime;
Leur miel, dans tous mes sens, fait couler à longs traits
Une suavité qu’on ne goûta jamais. »
Le Tartuffe, IV, 5, v. 1435-1439

« Suavité », terme dont le Père Bouhours, dans ses Entretiens sur la langue française (1693), affirme qu’il « ne se dit tout au plus qu’en matière de dévotion », était un des termes favoris de saint François de Sales dans L’Introduction à la vie dévote (1609) :

O mondains, les âmes dévotes trouvent beaucoup d’amertume en leurs exercices de mortification, il est vrai, mais en les faisant elles les convertissent en douceur et suavité. Les feux, les flammes, les roues et les épées semblaient des fleurs et des parfums aux martyrs, parce qu’ils étaient dévots.
(éd. de 1662, p. 8)

 

Or, la dévotion est le vrai sucre spirituel, qui ôte l’amertume aux mortifications et la nuisance aux consolations […] elle reçoit le plaisir et la douleur avec un coeur presque toujours semblable, et nous remplit d’une suavité merveilleuse.
( p. 10)

 

Et vous, o mon Dieu, mon Sauveur, vous serez dorénavant le seul objet de mes pensées ;[…] vous serez les délices de mon coeur et la suavité de mes affections.

Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème ; si elle est une plante, la dévotion en est la fleur ; si elle est une pierre précieuse, la dévotion en est l’éclat ; si elle est un baume précieux, la dévotion en est l’odeur, et l’odeur de suavité qui conforte les hommes et réjouit les anges.
( p. 11)

 

Ainsi votre langue sera toujours emmiellée de son Dieu, et n’aura point de plus grande suavité que de sentir couler entre vos lèvres des louanges et bénédictions de son nom.
( p. 348)

 

et dans Le Traité de l’amour de Dieu :

O Seigneur que de suavité en l’amour de vos sacrés commandements ! toute douceur délicieuse saisit le coeur qui est saisi de la dilection de votre loi.
(éd. de 1654, p. 616}

 

Il arrive donc quelquefois que N. Seigneur répand imperceptiblement au fond du coeur une certaine douce suavité qui témoigne sa présence.
( p. 455)

 

Son union avec la divine bonté croîtra perpétuellement, quoique insensiblement, et détrempera tout l’esprit d’icelui de son infinie suavité.
(éd. de 1665, p. 515)

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