Robinet, Lettre du 26 novembre 1672

Dans un passage de sa Lettre en vers à Monsieur du 26 novembre 1672, Charles Robinet décrit une nouvelle fois le contenu de Psyché, dont la troisième série de représentations vient de débuter :

Cependant, ajoutons ici,
Encore, ce petit mot-ci,
Que l’Auteur a fait ce Poème,
Par l’effet d’une estime extrême,
Pour la merveilleuse Psyché,
Par qui chacun est alléché,
Où Mademoiselle de Molière,
Qui, de façon si singulière,
Et, bref, avecque tant d’appas,
Qui font courir les Gens, à tas,
Encor, maintenant, représente
Ladite Psyché si charmante.
Dimanche, encore, je la vis,
Et tous mes sens furent ravis
A ce plus rare des Spectacles,
Et lequel, rempli de Miracles,
Surpasse tous les Opéra
Qu’on voit et, je crois qu’on verra.

 

Ah ! Que Venus dans sa Machine [Mlle de Brie.]
Me parut, encore, divine :
Et que je fus charmé des Airs,
Et des admirables Concerts,
Par qui, sur la Terre, on l’appelle,
Ayant les Grâces avec Elle !

 

Que ces petites Grâces-là,
Encore, aussi, me plurent là, [Les petites la Thorillière et de Beauval.]
Par leur discours, et par leurs gestes,
Qui paraissent, vraiment célestes !

 

Que les Amours, pareillement,
Qui sont de l’Accompagnement, [Le petit la Thorillière et Barbier.]
Encore, aimables me semblèrent,
Et, tout de même, me charmèrent !

 

Qu’encor, de Psyché, les deux Soeurs,
Faisant, si bien, les Rôles leurs, [Mlles de Beauval et de la Grange.]
Me délectèrent, et ravirent,
Ainsi que tous ceux qui les virent !

 

Que les deux Princes, ses Amants,
Par leurs honnêtes Compliments, [Les Srs Hubert et de la Grange.]
Soit qu’ils soient mots, ou bien en vie,
Me rendaient l’Âme, encor, ravie !

 

Que le Père, aussi, de Psyché,
Qu’on voit, pour elle, si touché, [Le Sr de la Thorillière.]
M’attendrit avecque ses Larmes,
Et qu’il leur sait donner de charmes !

 

Qu’encore, je fus satisfait
De l’Amour si beau, si parfait, [Le Sr Baron.]
Alors que , pour le dire en somme,
Il devient là, grand comme un Homme !

 

Que son Zéphir[e], des plus Galants,
Des plus jeunes, des plus brillants [Mlle du Croisi la jeune.]
Qui soient sous l’Empire de Flore,
Me donna de Plaisir, encore !

 

Que de même, encore, Psyché,
Par qui maint coeur est ébréché,
Me sembla bien digne d’Hommages,
Dans ses trois divers Personnages !

 

Qu’encore, encore, aussi, Venus
Me plut, voire tant que rien plus,
Soit qu’éclatât sa Jalousie,
Soit qu’elle parût radoucie !

 

Qu’encore, le tonnant Jupin,
Qui les holas vient mettre, enfin,
Qui notre Psyché déifie,
Et bref, à l’Amour la marie,
Me sembla fermer dignement,
Ledit Spectacle si charmant !

 

Qu’encor j’admirai les Machines,
Où ces Personnes célestines,
Savoir, Vénus, Psyché, l’Amour,
Vont en l’Olympien Séjour !

 

Qu’encor les Airs, et la Musique,
Que, de bien goûter, je me pique,
Qu’encor la jeunette Turpin,
Qui chante d’un air si poupin.
Qu’encor le Sauteur admirable,
Qu’on croit favorisé du Diable,
Pour faire les Sauts surprenants,
Dont il étonne tous les Gens.
Qu’encor les diverses Entrées,
Qui sont là, si bien insérées,
Où l’incomparable Beauchamp,
A le louer, donne un beau champ,
Qu’encor, enfin, toutes les choses,
Dedans cette Merveille, encloses,
Savoir les Décorations,
Et diverses Mutations
De la claire, et pompeuse Scène,
Me rendirent, chose certaine,
Extasié, charmé, content !
Ah ! jamais, je ne le fus tant.

 

Voir les spectacles et la vie de cour dans les Continuateurs de Loret en 1672.

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