Rien moins qu’une consolation

« Le sonnet que je vous envoie n’est rien moins qu’une consolation »
Consolation à La Mothe le Vayer sur la mort de son fils, envoi

Le principe de la consolation avait été mis en cause dans une conversation de la seconde partie (1655) de la Clélie :

Je ne puis souffrir ces grandes lettres de consolation qui n’ont jamais nul effet : cependant on dirait à entendre parler certaines gens, qu’ils prétendent que leurs lettres aient une force magique contre l’affliction, et qu’en les lisant on doit ne sentir plus nul regret de ce qu’on a perdu. Je voudrais pourtant bien, ajouta-t-telle, qu’on se persuadât une fois pour toutes qu’il n’appartient qu’au temps de consoler de semblables douleurs, et que ce n’est point à l’éloquence à s’en mêler. Et puis à vous dire la vérité, combien veut-on consoler de personnes qui ne sont point trop affligées? C’est pourquoi je trouve que le mieux qu’on puisse faire en ces occasions, est de faire les lettres de consolation fort courtes : car pour en écrire de raisonnables, il ne faut simplement que témoigner à la personne à qui l’on écrit, la part qu’on prend à sa douleur, sans aller faire de longues plaintes, ou de grands éloges : et sans employer toute la morale, et toute l’éloquence inutilement. Il est vrai, dit Amilcar, et vous avez tout à fait raison ; car combien console-t-on de femmes de la mort de leurs maris, bien qu’elles n’aient aucun besoin de consolation, et combien console-t-on de toutes sortes de gens avec qui il faudrait plutôt se réjouir pour s’accommoder aux sentiments secrets de leur coeur, puisqu’ils sont fort aises d’être héritiers de ceux de la mort de qui on les console? C’est pourquoi aimable Plotine, ajouta Amilcar, je fais voeu de n’écrire jamais de lettres de consolation qui ne soient courtes ; de laisser toute la morale, et toute l’éloquence en paix en ces occasions ; de ne faire plus de longues exagérations contre la cruauté de la mort, comme font certaines gens ; de ne faire aussi ni grands éloges, ni longs panégyriques.
( p. 1129-1131)

Le moteur de recherche fonctionne par co-occurence, par exemple, la saisie femmes superstition, affichera uniquement les fiches qui comportent les deux termes, et non toutes les pages qui comportent chacun des termes.