Mort de son fils

La mort du fils de La Mothe le Vayer est évoquée

 

– dans une des lettres de Guy Patin :

Nous avons ici un honnête homme bien affligé; c’est M. de La Mothe le Vayer, célèbre écrivain, et ci-devant précepteur de M. le duc d’Orléans, âgé de septante-huit ans. Il avait un fils unique d’environ trente-cinq ans, qui est tombé malade d’une fièvre continue, à qui MM. Esprit, Brayer et Bodineau ont donné trois fois le vin émétique et l’ont envoyé au pays d’où personne ne revient.
(Lettre du 26 septembre 1664, éd. J. H. Reveillé-Parise, 1846, t. III, p. 484)

 

– dans une des Lettres diverses (1684) d’Henry Le Bret :

Il n’est que trop vrai, Monsieur, que le pauvre Abbé de … est mort lorsque l’on y pensait le moins ; car les deux premiers accès de sa fièvre l’ayant seulement assoupi, les médecins traitèrent le troisième de bagatelle, quoiqu’il l’eût jeté dans une espèce de délire, qui cessa véritablement avec cet accès, mais qui revint si violent avec le quatrième, que les efforts qu’il fit tournèrent sa fièvre en continue, qui le tua le septième jour, au grand regret de son père, de ses amis et de toute la République des Lettres, dont il était un des plus beaux ornements.

 

O nostra vita ch’e si bella in vista
Com’ perde agelvolmente in un mattino
Quel che’n mult’anni à grand pena
S’aquista
.

 

Car il avait étudié depuis l’âge de douze ans jusqu’à quarante-cinq avec une assiduité admirable. De sorte qu’ayant l’esprit excellent, une grande bibliothèque et la conversation de son père, qui est un abîme de science, il ne s’en faut pas étonner s’il en était devenu le digne fils. Il laisse cependant une riche abbaye et une belle charge, mais je les regrette bien moins que la dissipation qui se va faire des bons livres et des beaux meubles qu’il avait assemblés avec tant de dépense et de soin.

 

O Ciechi, il tanto affaticar che giova ?
Tutti tornate à la gran madre antica
E’l nome vostro apena si ritrova.

 

En effet, que nous sert de tant travailler, de tant veiller et de tant savoir, si notre nom n’est su à peine de ceux qui viennent après nous, et si même bien souvent s’évanouit tout à fait avec le son des cloches qui marquent l’heure de nos funérailles ? Cette pensée, qui est de David et que Pétrarque a si bien mise en oeuvre, m’a tellement pénétré, depuis la mort de ce pauvre abbé, que je ne fais que songer à toutes les circonstances d’un passage si terrible. Et, dans le vrai, il n’y a guère de sujet de méditation plus pressant qu’un homme de quarante-cinq ans extrêmement riche, fort savant, très vigoureux, et mort en sept jours.
(p. 50-53)(source : indication aimablement fournie par François Rey)

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