Médecine qu’on appelle rationnale

« Vous n’êtes pas de ces médecins qui ne vous appliquez qu’à la médecine qu’on appelle rationale ou dogmatique »
Le Médecin volant, sc. IV

L’opposition entre médecine rationnelle et médecine empirique est soulignée aussi bien

– dans des traités de médecine populaire, tel L’Opérateur ingénu (1669) de La Martinière (1),
– dans des ouvrages de médecine expérimentale, à l’exemple de la dissertation de Malpighi « Responsio ad epistolam cui titulus est de recentiorum medicorum studio » (2).

 

 


 

(1)

Je dirai que, contre tout droit et raison, les dogmatiques ou rationnels blâment les empiriques, que les Hébreux ont honorés comme personnes créés de Dieu pour le soulagement des affligés
(« Préface apologétique en faveur des empiriques et contre les charlatans », p. 1)

 

Pour preuve que c’est des empiriques qu’a parlé ce Jésus, c’est que de son temps il n’y avait point d’autres médecins, et n’était point fait mention de chirurgiens, les médecins faisant la fonction de l’un et et l’autre, ainsi que devraient faire nos médecins raisonneurs, à l’imitation d’Aretée, de Galien, d’Aeginète, d’Aerce, d’Albucasis, et plusieurs autres illustres médecins, sans s’amuser aux dogmes d’Hippocrate, qu’il a puisé des écrits de ses devanciers, pour se faire chef de cette médecine appelée rationnelle.
(p. 2)

 

(2)

Antequam ulterius procedam, ne in scopulum irruam, qui artificiose ab auctore epistolae hic positus est illis verbis, « solidiori medicinae practica », opus est clare explicare, quaenam sit solidior medicina ; etenim hinc rationali medicina ab epistolae auctore neglecta, eam in illius progressu conculcare et destruere conatur, seque totum tradit medicinae empiricae, sola experentia contentus ad invenienda remedia, et in hac totam medicinae latitudinem restringit, existimans inutiles caeteras cognitiones philosophicas, anatomicas, pathologicas ac methodum medendi rationalium, et argumenta desumit a Celso famigeratissimo empirico. Hoc est velle destruere universitates, in quibus docetur medicina rationalis et in barbarorum lutum atque ruditatem relabi
(Opera posthuma, 1700, p. 287)

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