Lui jeter son manteau

« Ah, je devais pour le moins lui jeter son chapeau,
Lui ruer quelque pierre, ou crotter son manteau. »
Le Cocu imaginaire, sc. XVI (v. 355-356)

La plaisanterie du cocu qui, pour toute réaction, menace de « jeter le chapeau » du galant figurait déjà dans Le Pédant joué (1654) de Cyrano de Bergerac :

Stanpendant, moi qui ne veux pas qu’on me fasse des tragédies, si j’avouas trouvé queuque ribaut licher le morviau à ma femme, comme cet affront-là frappe bien au coeur, peut-être que dans le désespoir je m’emporterouas à jeter son chapiau par les frenêtres, pis ce se serait du scandale ! Tigué queuque gniais !
(Oeuvres diverses, Paris, Sercy, 1654, II, 3, p. 52)

 

Auparavant, elle avait été exploitée par Charles Sorel dans son Francion (1626):

Un jour je le trouvai couché avec ma femme sur ce même lit que vous voyez; je me contentai de lui dire des injures et le laissai aller encore sain et sauf. Oh ! que j’en ai eu de regret, quand j’y ai songé ! Je lui devais jeter son chapeau par les fenêtres ou déchirer ses souliers. Mais quoi, je n’étais pas à moi en cet accident.
(Livre huitième, éd. E. Colombey, 1858, p. 332)

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